Alphabétisation, éducation non formelle et baisse du niveau scolaire : Le système éducatif, «un faisceau à interroger»

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«L’alphabétisation est un deuxième pied de l’éducation national, c’est-à-dire elle et l’éducation non formelle, c’est avec ces deux jambes que l’éducation doit marcher pour atteindre un lettrisme intégral pour construire des projets voire l’émergence», disait Fary Silate Ka, en marge d’une rencontre d’échanges sur l’alphabétisation. Ce secteur de l’éducation était porté par des organisations de la Société civile, les Ong, encadrées et accompagnées par l’Etat. Mais, elle est en perte de vitesse depuis les années 2000.
Au Sénégal on est à moins de 0.8% du budget global national affecté à l’éducation dite non formelle.
«En 1991, on avait dit que notre objectif est de réduire l’analphabétisme de 5% par an, en dix ans on aurait dû avoir les 50% au moins, au contraire on est tombé bien bas», rappelle l’enseignant chercheur à la retraite, en marge d’une rencontre organisée sous la direction de Karanta et la Direction de l’Alphabétisation et visant à redynamiser les langues nationales.
Dr Tidiane Sall, administrateur du programme de l’éducation non formelle au bureau de l’Organi­sation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a, par ailleurs, peint un ta­bleau peu reluisant de l’éducation.
«A l’Unesco, l’éducation est un droit et s’il faut construire l’essaim de la paix c’est par l’éducation qu’il faut passer. Mais aujourd’hui, nous pensons que le vivre-ensemble exige que tout le monde soit alphabétisé ou éduqué», plaide-t-il.
Cette gangrène n’est pas spécifique à la sous-région, en effet, l’analphabétisme touche toutes les parties du monde. Rela­tivement à la population analphabète au monde, «on est autour de 750 millions». Le taux s’est affaissé dans certains pays, mais en Asie et en Afrique subsaharienne, il est en hausse. Au Sénégal, le recensement de 2013 réalisé par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) indique le taux de 56,4%.
Mais parallèlement, s’il faut analyser la population analphabète adulte, il faut la corréler aux enfants qui sont scolarisés et c’est là où le tableau est fondamentalement plus ou moins hideux. «Le Taux brut de scolarisation de 2017 était de 87% au Sénégal, parmi ces 87% on a 69% qui achèvent le Cm2. Donc déjà, il y a un affaissement et autour de 35% passaient le cap du collège et 22% au niveau du Bac. Donc, le stock d’analphabètes, non seulement à l’entame tout le monde n’est pas enrôlé, mais il croît au fil des années et, par conséquent, la population analphabète augmente», indique l’agent de l’Unesco.
M. Sall révèle un autre chiffre qui, pour lui, souvent n’est pas donné : le Taux net de scolarisation, c’est-à-dire d’enfants de 6 ou 7 ans qui doivent être enrôlés en Cours d’initiation (Ci). «En 2017, on avait un chiffre de 71% de ces enfants qui étaient à l’école.»
L’autre aspect est lié à la qualification des jeunes. En la matière, peu de jeunes sont enrôlés dans les structures de la formation professionnelle. Consé­quence : les adultes sont analphabètes. Or, «le système éducatif vise la qualité pour qu’il y ait moins d’érosion. Et 45% des jeunes, qui devaient être à l’école, sont hors du système, les 20% qui sont dans les classes sont en risque de décrochage, voilà le tableau», regrette M. Sall.
D’ailleurs, le ministère de l’Education national a mis en place le Programme d’amélioration de qualité de l’équité et de la transparence (Paquet). Toute­fois, le niveau reste aussi un problème décrié par les acteurs, impuissants face à sa baisse attestée par les résultats à tous les niveaux scolaires. «Le remède ne peut être que systémique. Quand on parle d’éducation, il y a plusieurs acteurs, notamment les politiques éducatives, la formation des enseignants, les infrastructures, l’apport des communautés. Donc, c’est tout un faisceau qu’il faut interroger.»



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